Égratures

25 octobre 2010

proposition de Maëlle

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Voici ma propal inspirée par cette jolie chansonnette qui me trotte dans la tête. Inventer les deux strophes suivantes du “ptit bal perdu de bourvil”. Possible uniquement si tu ne connais pas trop bien la chanson…
 

C’était tout juste après la guerre,
Dans un petit bal qu’avait souffert.
Sur une piste de misère,
Y’en avait deux, à découvert.
Parmi les gravats ils dansaient
Dans ce petit bal qui s’appelait…
Qui s’appelait…
qui s’appelait…
qui s’appelait…

(Refrain)

Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
ce sont ces amoureux
Qui ne regardaient rien autour d’eux.
Y’avait tant d’insouciance
Dans leurs gestes émus,
Alors quelle importance
Le nom du bal perdu ?
Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
c’est qu’ils étaient heureux
Les yeux au fond des yeux.
Et c’était bien…
Et c’était bien…

Il susurrait des mots d’amour
Elle riait en éclats vermeils
Ils promettaient d’rêver toujours
à un avenir bouffi de soleil
Du fond de leur bulle, ils dansaient
Dans ce petit bal qui s’appelait
Qui s’appelait
Qui s’appelait
Qui s’appelait

(refrain)

Au p’tit matin, ils sont partis
Le cœur au chaud les yeux mouillés
J’ai pris ma tête de nostalgie
Et le patron a rigolé
Parmi les gravats je flottais
Dans ce petit bal qui s’appelait
Qui s’appelait
Qui s’appelait
Qui s’appelait

(refrain)

Pour entendre la chanson cliquer ici:

J’attends vos propositions pour lundi prochain. Vous pouvez les mettre ci-dessous. Merci!

18 octobre 2010

Proposition d’RV G

Publié par poulopot dans Textes d'automne

 

Paul Eluard rencontre René Magritte et ils commentent une oeuvre d’Yves Klein.


Contrainte facultative : Ne pas utiliser la couleur “bleu”

 

C’est…

 

Ou pas !

 

Ou pas, oui…

 

C’est une bulle outremer

 

Un concept mousseux

 

Une tentative d’embrasser le monde

 

Une lune en velours côtelé

 

Ou pas !

 

Ou pas, oui…

 

C’est une poudre d’escampette

 

Un manège de barbarie

 

Un match de foot

 

Une raquette de ping-pong

 

Ou pas !

 

Ou pas, oui…

 

Paul ?

 

Oui, René

 

Tu viens, j’ai faim.

kleinbleu.jpg

Globe terrestre bleu. Yves Klein

 

J’attends vos propositions pour lundi prochain. Vous pouvez les mettre ci-dessous. Merci!

11 octobre 2010

Proposition de Cat Benas

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Récit faisant apparaître une couleur (dans tous ses états, un spectre, un camaïeu…)_

 

Ce jour-là, le soleil s’était bien levé sur le monde, suivi de près par un petit crachin de printemps. Nous étions le 24 avril et tout semblait normal, sauf que…. la pluie qui gratouillait les murs était verte, d’un vert d’eau qui aurait pu passer inaperçu, si les trottoirs n’avaient pas été vert sapin, les troncs d’arbres vert perroquet, les boîtes aux lettres vert amande et les milliers de paires de chaussures qui battaient le pavé, vert bronze, vert poireau, vert tilleul et j’en passe.

Les gens, incrédules, se regardaient et osaient à peine demander à leurs voisins, si par hasard, ils voyaient eux aussi la vie en vert.

Les enfants pleuraient de grosses gouttes opalines qui coulaient sur leurs joues émeraude, les vieux bavaient quelques inquiétudes et les chiens couinaient comme si la fin du monde était proche.

Ainsi les jours passèrent, toujours aussi verts.

On s’habituait, les chercheurs cherchaient, les hommes politiques politisaient, certains parlaient d’une volonté d’arc-en-cielisation du paysage mondial, d’autres avaient lancé le slogan, «non au vert-treille, oui au vermeil!». Bref, ça n’avançait pas beaucoup…

Il fallut donc s’y faire, on se mit à devenir extrêmement sensible à toutes les nuances, on créait de nouveaux tons que chacun inventait d’après ses souvenirs de l’époque bénie où l’on voyait en couleur. Il y avait le vert «rizière de mai», le vert «bouteille vide au coucher de soleil», le vert «ortie sauvage piétinée sur rosée» et ainsi de suite.

Malheureusement, arriva le temps où l’on vit fleurir des néologismes monstrueux créés par les enfants qui n’avaient pas connu les couleurs, on entendait parler de «vert-écrevisse » voir même de « vert-missel » ou de « vert-veine » par les plus boute-en-train… Les académiciens dans leurs habits verts restés verts s’offusquaient, mais rien n’y faisait, le temps passait et avec lui le souvenir des couleurs s’effaçait.

Ainsi les jours passèrent, toujours aussi verts !

Et enfin ce qui devait arriver arriva, le dernier vieillard, qui était né juste avant la disparition des couleurs et qui tenait encore conférences peu de temps avant sur la beauté d’un jaune poussin et l’éclat d’un rouge cerise, décéda. C’en était fini, plus personne n’était capable de poétiser sur la terre qui avait été, paraît-il, bleue comme une orange.

Et c’est quelques années plus tard qu’un petit philosophe au teint vert-de-gris lança une théorie qui fit vite le tour de la planète. On le retrouvait partout, les hommes politiques se l’arrachaient, les chercheurs criaient à l’imposture et les citoyens étaient en adoration devant tant d’ingéniosité. L’homme tenait à peu près ce langage :

«  Mes amis,

Le rouge est mort, vive le rouge !

Le bleu est mort, vive le bleu !

Le jaune est mort, vive le jaune !

Mais qu’est-ce que le bleu, qu’est-ce que le jaune, qu’est-ce que le rouge ? Vous ne le savez plus, moi non plus ! Mais si je regarde le ciel ce soir et que je décide que ces étoiles que nous nommons vert-absinthe sont en fait rouges et si ce bureau mélèze était jaune et si mon costume empire était bleu ! Les couleurs n’ont pas disparu, elles sont à réinventer. Ne nous laissons pas envahir par la morosité ambiante qui nous impose une vision verdâtre du monde, soyons audacieux, bâtissons un monde multicolore ! »

Et il était ovationné.

Il fallut un peu plus de 20 ans pour que l’on puisse de nouveau parler dans le langage courant d’un bleu ciel ou d’un jaune citron. Avec l’appui des nuanciers qui avait survécu au XXIe siècle, on avait même pu être assez fidèle aux anciens. Mais entre nous, il faut bien l’avouer, le monde était resté vert, foncièrement vert… Enfin, d’aucuns diront que c’est la couleur de l’espoir, alors on ne sait jamais…

vertmillon.jpg le vert-Millon

 

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4 octobre 2010

Proposition de Florence

Publié par poulopot dans Textes d'automne

 

La proposition: « Vous allez expliquer à un enfant, sans bêtifier et sans aucune notion religieuse, ce qu’est l’éternité . »
« Elle est retrouvée…

Quoi ?

L’éternité. C’est la mer allée avec le soleil ».


L’éternité, mon poussin, c’est un peu comme un vertige.

C’est quoi un vertige?

Un vertige? Tu vois l’autre jour quand nous étions chez Tante Agathe, tu es montée sur une chaise de la cuisine et tu n’étais pas très à l’aise?

Et ça, c’est l’éternité?

Non, ça c’est un vertige. L’éternité, c’est tellement long que ça donne le vertige.

C’est long comment?

Comme quelque chose qui ne s’arrêterait jamais…

Mais ça peut pas!

Si ça peut et c’est ça qui donne le vertige.

Alors ça dure toujours?

Oui c’est ça, toujours.

Mais au bout du toujours, y a quoi?

Encore du toujours.

Et après le toujours, y a quoi?

Encore du toujours.

Ben non puisque c’est après!

Mais le toujours dure toujours!

Et après la mort ?

Après la mort on ne sait pas…

Ah, tu vois, là le toujours y s’arrête!

Il s’arrête pour celui qui est mort, mais pas pour les autres.

C’est qui les autres?

Les vivants.

Mais alors quand Tante Agathe dit : «pfff ça fait une éternité que je ne vous ai pas vues!» ça veut dire qu’elle va nous revoir que quand elle sera morte?

Non, là c’est une expression, elle veut dire qu’elle aimerait nous voir plus souvent.

Ah…. …. Ça fait une éternité que j’ai pas vu les petits gâteaux au chocolat avec de la mousse dedans!

Ceux de Tante Agathe?

Ben oui, ceux qui étaient en haut du vertige, cachés au fond de l’éternité du buffet de la cuisine!

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 Bleus II de Miro

Bleus II de Miro

23 septembre 2010

Publié par poulopot dans 00 - Ma pomme

Normalement, dans la vraie vie, je suis d’abord et avant tout comédienne et un peu clown aussi.
Mais il se trouve que j’aime écrire. Enfin, « j’aime écrire », c’est un bien grand mot, disons que j’ai une relation à l’écriture un poil conflictuelle, on s’engueule souvent, elle m’échappe parfois, je lui cours après, je lui fais des serments, des excuses, elle revient, on prend des engagements l’une envers l’autre, je lui dis que je l’aime, elle me dit qu’elle promet d’être plus facile à vivre et puis…
Très souvent, j’écris dans ma tête et très souvent cela se passe dans mon bain… Je regarde mes orteils et je tripote le cordon du store de bain (oui, j’ai un store de fenêtre devant ma baignoire, ça n’est pas commun, j’en conviens et en prime je vous le confirme ça n’a rien de pratique car le calcaire vient se glisser entre les lattes. Clairement un banal rideau de douche serait plus commode, mais il n’aurait pas…de cordon !). Une fois que le texte est savamment et consciencieusement conçu et que l’eau est froide, il s’agit alors de sortir de la baignoire pour pouvoir le mettre sur papier ou sur clavier et c’est là que ça se complique.
J’ai créé ce blog pour m’aider à sortir du bain et je compte sur vous pour m’y encourager !

Poulopot
poulopot.jpg

20 septembre 2010

La contrainte de Poulopot

Publié par poulopot dans 01 - 1ère proposition

Pour ce premier texte, je m’auto contrains et vous propose une vieille production.
La proposition : Mettre un maximum de sons ch et sss dans le texte, sujet libre

TEXTE À ASTREINTES

Dans son château, la comtesse Cécile de S’ilsenfaut se sentait seule, triste et sensiblement asthénique. Sa sœur, Sheila de S’ilsenfaut, sortait souvent et savourait sans cesse son succès auprès des garçons. Shon Schweitzer, un garçon sans le sou mais au faciès sauvage et sucré, soupirait devant son sex-appeal depuis des lustres ; Elvis chantait de suaves slams sous ses persiennes ; Sacha, saoul comme un cachalot, ne se lassait jamais de lui susurrer avec accent, des : « che t’aime, che te feux ! »… Et Sheila s’entichait de tous.
Cécile ne cillait pas et agissait comme si tout ceci ne lui faisait ni chaud ni soif mais, en secret, elle souffrait. Aussi, un Samedi, alors qu’elle sirotait un pastis, elle sentit le ciel sur ses seins chuter. Un excessivement chaud chum lui chatouillait les sens, la scrutant intensément.
« Salut, source de descendance, je suis Sam !» siffla-t-il sensuellement en louchant sur sa bouche. Cécile se sentait moche comme une choucroute mais lança audacieusement : « Cécile, comtesse de S’ilsenfaut. Un pastis, Sam ? ». Sam s’assit et s’exclama : « Soit Cécile, un pastis, et tranchons le saucisson ! ». Il sortit son silex suisse et cisailla l’asticot ensaché dans sa besace en vachette châtain .
Sa silhouette était svelte et son sourire carnassier. Cécile sentait son cerveau s’emballer. « Surtout, rester stoïque » se serinait-elle « Sam sera sûrement sourd à mon charme simiesque »…
« Mais comment se fait-ce, Sam, que je ne vous visse jamais à cette terrasse ? » s’enquit la sylphide Cécile. « Je sillonne champs et océan du crachin jusqu’au soir et sciemment me cache de mon prochain, j’aspire à la solitude ».
« Moi zaussi ! » assura Cécile qui dans sa précipitation écorcha le français comme une vache espagnole.
Sam resta perplexe un instant, il savourait chaque syllabe et les sons dissonants faisaient saigner ses esgourdes sensibles. Cécile sut de suite que cette sottise risquait de lui être sinistre. Le ciel s’était assombri et les soyeux sourcils de Sam se calvitiaient. Le saucisson séchait dans sa soucoupe, le pastis stagnait sous ses glaçons lorsque brusquement Cécile, quasi décédée, eut un sursaut de sang-froid et tel Saint-Saëns enseveli sous ses partitions, elle concentra son esprit exténué et lança :
« Et Schnitzler, vous connaissez ? »

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