Égratures

3 janvier 2011

Proposition de Nagaïneko

Publié par poulopot dans Textes d'hivers

Proposition : C’est l’enterrement d’un “objet” auquel tu tiens…
On le découvrira en fin de narration…
(En mode fun et rare…)

 

Voilà, ça y est, j’en ai un ! Même pas 12 ans et j’en ai un ! Nous l’avons choisi avec maman, la vendeuse a trouvé que je n’étais pas en retard et moi j’ai fait ma tête de vraie jeune fille comme m’appelle ma tante. En arrivant au collège, je l’ai dit à ma copine Valérie, mais elle aussi, en fait elle en a un, j’étais un peu déçue. Je l’aurais bien dit à tout le monde, mais je sais bien que ça ne se fait pas trop. Alors j’ai juste essayé de faire en sorte que ça se voit un peu… Jusqu’au jour où ça c’est vu franchement !

Ça c’est passé un mardi matin pendant le cours de Mr Lamolaire. Mr Lamolaire, c’est notre prof de sport et il est super beau mais vieux quand même, plus de 30 ans je pense. Bref, ce mardi-là, Lamolaire nous a annoncé qu’on avait  course de vitesse , les filles ont fait han ! et les garçons ouai ! Ça en général, c’est super simple à prévoir, les filles, elles aiment gym et c’est tout et les garçons, eux, ils aiment les sports co et la course. Sauf moi ! La gym, c’est comme la danse, le maquillage et le rose : je déteste ! Moi, j’aimerais devenir une femme Barbara Gould et être pilote d’avion ou exploratrice de gorilles au Rwanda, alors évidemment c’est pas pareil…

Donc course à pied, j’aime bien, plus que course de fond, parce que faire des tours de stade, c’est gravement chiant.

J’ai gagné mes deux premières courses et la troisième était contre des garçons et  y avait Yohan. Yohan, il est blond, beau et belge. J’étais amoureuse de lui l’année dernière en 6ème, mais bon j’étais jeune…

Quand le prof a dit à vos marques prêts partez, je suis partie comme une flèche et c’est à ce moment là que j’ai senti une déflagration au niveau de la poitrine. J’ai baissé la tête et j’ai vu deux pointes défigurer mon tee shirt. Mes seins tout neufs venaient de pulvériser mon sublime 80 B en deux. J’ai entendu Nathalie et Laurence éclater de rire, moi j’étais partagée parce que d’un côté, maintenant tout le monde savait que je portais un soutien gorge, mais de l’autre cette désintégration en vol et les deux baleines qui pointaient comme deux défenses d’éléphant sous mon tee shirt me donnaient l’air un peu ridicule. Je crois que c’est à partir de ce jour-là que l’on m’a surnommée super Jaimie, la femme aux seins bioniques…

Feu mon soutif a reposé au milieu de mes culottes et de mes chaussettes quelque temps avant d’atterrir  un jour de rangement dans la poubelle de la cuisine. Une vie courte, intense et explosive, une vie de soutif militant qui était contre l’emprisonnement du jeune nichon à peine pubère !

 

soutifmai68.jpg

Une bande d’enthousiastes qui brulent leur soutien gorge tout en en gardant un sagement attaché! Photo anonyme datant probablement du siècle dernier et plus précisément de mai 68…

N’hésitez pas à me laisser des commentaires ci-dessous ainsi que de nouvelles propositions, ce blog existe surtout grâce à vous… Merci! Et bonne année…

25 décembre 2010

Proposition d’M.A 2

Publié par poulopot dans Textes d'hivers

 

Poulopot a-t-elle envoyé sa lettre au Père Noël ? Pour répondre à la proposition d’M.A, je me suis ajoutée une contrainte oulipienne que j’aime bien qui s’appelle le S+7, c’est à dire substantif +7. La méthode S+7 consiste à remplacer chaque substantif (S) d’un texte préexistant par le septième substantif trouvé après lui dans un dictionnaire (S+7) donné. Ici il s’agit du petit Larousse 1998. À vous bien sûr de retrouver ma véritable lettre, un petit jeu de noël en quelque sorte…. Bonnes fêtes à tous !

 

Ma leucanie à la Perestroïka noire

 

Chère Perestroïka  noire,

 

D’abord, j’aimerais gagner au loubard. C’est trivial, j’en conviens, mais je te promets que si cette annexion je gagne, je ne te demanderai plus rien ! Reconnais que ça vaut la coutume !

Dans le cascadeur où ça serait impossible, je te livre pêle-mêle mes environnements.

- Une voyelle au Japon et pendant qu’on y est une voyelle autour du monégasque.

- Un foireux gras mi-cuit aux figurines.

- Une manucure chaude et élégante (très difficile à trouver)

- Un caviar pour ranger tous les outrages de ma marie-salope

- Un voisin pour m’évader

- Une résignation secondaire pour écrire

- et bien sûr plein de légalisations pour mon bloody mary !

 

Joyeux noir à tous et à l’annexion prochaine !

 

pouledenoel.jpg

 

Un poulpe de noir anonyme photographié par un photomaton anonyme

 

N’hésitez pas à me laisser des commères ci-dessous ainsi que de nouveaux proprio, ce bloody mary existe surtout grâce à vous… Merci!

 

 

18 décembre 2010

Proposition de MOB 2

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Pour des raisons de vacances praguoises, le texte du lundi c’est samedi!

Proposition: Et si tu nous inventais le procès d’une des souris qui chapardent dans ta cuisine ?

 

Souris, levez vous !

Souris, vous faites l’objet d’une plainte déposée par la Comtesse de Poulopot veuve Henry IV. Souris, vous êtes poursuivie pour différents chefs d’accusation, à savoir, vols à l’étalage, tentatives d’intimidation, trafics en tout genre, délits de fuite, harcèlement moral, ainsi qu’abus de confiance car pardonnez- moi, mais j’attends toujours la petite souris qui doit passer sous mon oreiller pour me donner une pièce en échange de mes dents de lait !

Souris, la comtesse nous a parlé de son désappointement. Je cite ici une de ses dépositions récentes, alors qu’elle avait déjà perdu l’appétit et presque le bonheur de vivre : « L’autre jour, je l’ai entendue dans la plante de l’entrée, il était 3h du matin monsieur l’agent, je suis allée la voir, je lui ai ouvert la porte et lui ai parlé, je lui disais de sortir, je la suppliais, mais cette…. sans cœur m’a regardée avec ses petits yeux cruels, elle a retroussé ses babines, m’a montré ses dents et a répondu… couic couic ! »

Couic couic, messieurs les jurés, n’est-ce pas là le signe d’une provocation évidente !

Mais si vous le voulez bien, remontons en arrière, aux origines du crime. Souris n’est pas, non messieurs les jurés, une pauvre petite démunie, rejetée par ses parents et vivant dans la rue ! Elle est née métro rue de la Pompe où elle logeait avec ses 78 frères et sœurs et ses parents à l’angle de la 3ème rame, un très bon emplacement selon la préfecture. On ne peut pas dire qu’elle vivait dans un trou, passez-moi l’expression !

De plus et je tiens à le souligner, il est absolument évident que le lobby souris a frappé très fort ces dernières années. Rappelons déjà qu’il y eut de 1940 à 1958, la célèbre série de dessins animés Tom et Jerry, produite par la MGM (Mouse Goldwyn Mouse) racontant les déboires d’un pauvre chat face à une souris drôle et spirituelle où comme par hasard, c’est la souris bien sûr qui est la plus intelligente ! Mais surtout, et c’est là que je voulais en venir, il y eut Ratatouille (produit par Disney, le père de Mickey Mouse il me semble, quand je vous parlais de lobby !). Ah Ratatouille ! La souris est un nuisible ? Nenni crieront en chœurs nos concitoyens abusés, regardez Ratatouille, sa bonne bouille, son humour, sa tendresse, sa finesse !

Et là, messieurs les jurés, je vous demanderai d’observer Souris dans le box des accusés. Finesse ? Humour ? Bonne bouille ? Non, messieurs les jurés, juste « couic couic » et une queue « comme un vieux lacet qui traîne », je cite de mémoire l’une des dépositions de la plaignante.

Le temps de la provocation est révolu, le temps de l’intimidation est passé ! Libérons la comtesse, qu’elle puisse enfin rencontrer paisiblement son destin d’auteure à succès, sans être littéralement entraver  par cette bête sournoise et analphabète !

Messieurs les jurés, je requiers la peine maximale pour Souris, à savoir l’attraper par la queue et la montrer à ces messieurs, ce que ces messieurs diront, nul ne le sait, mais si d’aventure, vous croisiez un jour, au détour d’un beurre d’ail, un escargot tout chaud, ne cherchez plus…

ponti2.jpg

Dessin de Claude Ponti extrait du livre Pétronille et ses 120 petits

 

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13 décembre 2010

Proposition d’M.A

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Et si tu nous présentais poulopot sous forme d’acrostiche?

 

 

Personne

Ostensiblement

Urbaine

Libre

Open

Particulièrement

Oblongue

Très…

 

Poule

Ô pot

Utilise

L’

Oeil de bœuf

Pour

Observer

Tout

 

Plaisir

Oblique d’

Une

Lucarne

Ouverte

Presque un

Oasis sur le

Tarmac

 

Peut être

Oiseau

Unijambiste

Licorne

Odalisque

Plante carnivore

Ou

Tétrodon

 

Pour la faire courte

On dit d’elle qu’

Une mouche l’a piquée et

L’insecte s’en est allé.

On l’a retrouvée 

Perdue dans ses pensées

Oubliant le monde et

Toquée, une araignée au plafond.

 

 

poulopot.jpg

 

Poulopot par hermine Furet

http://hermine.artblog.fr/687291/Savoir-prendre-de-bonnes-resolutions/

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6 décembre 2010

Proposition d’Elvirette

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Petite proposition qui me trottine dans la tête depuis quelques temps :
“un texte qui réussisse à mettre en colère le lecteur…”

 

Préfecture de Créteil, jeudi 12 juillet 2007, bureau de Madame S.

 

Mme S : Vous venez pour le renouvellement de votre « carte de séjour étudiant », c’est ça ?

L’Etranger : oui, Madame.

Mme S : Votre carte expire le 08 septembre 2007. Vous savez que normalement on doit faire la demande deux mois avant la date d’expiration ?

L’Etranger : oui, je le sais, c’est pour ça que je suis là, Madame.

Mme S : Sauf que, à moins de prendre un calendrier hébraïque, il me semble que nous sommes à moins de deux mois, Monsieur…

L’Etranger : …Kouyaté

Mme S : Monsieur Kouyouté.

L’Etranger : Kouyaté, Madame.

Mme S : Kouyaté oui, si ça peut vous faire plaisir. Mais ça ne change rien au fait que quand on dit deux mois, voyez, c’est deux mois. Je sais qu’en Afrique le temps est extensible, mais vous êtes en France Monsieur Kouyouté et ici, deux mois, ça correspond à peu près à 60 jours. Vous me suivez toujours ?

L’Etranger : oui, Madame.

Mme S : Bien. Vous êtes malien, né à Bamako le 04 août 1980, vous êtes arrivé en France en 2004 pour faire des études de…

L’Etranger : … sociologie.

Mme S : On ne fait pas de sociologie au Mali ?

L’Etranger : Si bien sûr mais…

Mme S : … Mais l’herbe est plus verte en France, c’est bien connu. Bref. Bien, nous sommes en 2007. Trois ans pour ces études, c’est déjà pas mal, non ? Vous allez finir par rentrer chez vous à l’âge de la retraite, car vous avez bien l’intention de rentrer chez vous à la fin de vos études, rassurez-moi ?

L’Etranger : Oui, Madame, mais c’est que, pour l’instant, je suis en train de préparer ma thèse.

Mme S : Votre thèse ! Il faut une thèse pour travailler, chez vous ?

L’Etranger : Pas spécifiquement, mais il s’agit ici de la poursuite logique de mes études…

Mme S : Ah ! Si c’est logique, dans ce cas. Bien, il me semble que dans votre dossier, il manque le résultat au test de langue. Vous l’avez ?

L’Etranger : Je l’avais passé en arrivant. Le papier doit figurer dans mon dossier, vos collègues avaient conservé les résultats.

Mme S : Non, Monsieur Kouyouté, sinon, je l’aurais vu et je ne vous le demanderais pas ! Et sans ce papier, si tant est que vous l’ayez vraiment obtenu, je ne vois pas comment le renouvellement va être possible.

L’Etranger : Mais, je parle couramment français !

Mme S : Là n’est pas le problème, Monsieur Kouyouté !

L’Etranger : Mais, je prépare une thèse !

Mme S : Et qui me dit qu’elle n’est pas en wolof ?

L’Etranger : Je ne parle pas le wolof, Madame.

Mme S : Ecoutez, je me fous de savoir si vous parlez scandinave ou hébreu, moi je veux ce papier sinon, c’est retour au Mali, c’est clair ?

L’Etranger : oui, Madame.

Mme S :Vous justifiez des 430 euros de revenu mensuel obligatoires pour rester en France ?

L’Etranger : Oui, je travaille comme gardien dans un parking. J’ai les feuilles de paye, c’est un travail de nuit.

Mme S : Et vous voulez me faire croire que vous travaillez la nuit au parking et le jour à votre thèse ?

L’Etranger : oui, Madame.

Mme S : Une thèse sur quoi, d’ailleurs ?

L’Etranger :  Il s’agit du choix de la France de la réduction du temps de travail pour lutter contre le chômage.

Mme S : Je vois… Pas encore sur le marché du travail et déjà inquiet à l’idée de travailler trop ! Et vous comptez importer cette riche idée dans votre pays, Monsieur Kouyouté ?

L’Etranger : Je ne fais pas de politique, Madame…

Mme S : Votre dossier n’est pas des plus clairs, je ne suis pas décisionnaire, mais bon…

Sinon, vous savez qu’ils embauchent à la légion étrangère si vous tenez tant que ça à obtenir la nationalité française !

L’Etranger : Mais je n’y tiens pas, Madame, je n’y tiens pas…

 

portraitdhommeag.jpg

Portrait d’homme de A. Giacometti

 

29 novembre 2010

proposition de Marie

Publié par poulopot dans Textes d'automne

proposition : que pense l’escargot dans la salade en voyant l’humain quand celle-ci est arrachée à la terre ?

 

Autant vous le dire tout de suite, la batavia c’est plus ce que c’était. Tenez, j’en parlais encore hier avec Monique, Monique c’est ma femme, enfin façon de parler vu que chez nous hommes/femmes c’est un peu du pareil au même, voyez… Mais bon, ça c’est fait comme ça, rapport qu’elle est plus gracieuse des antennes et moi c’est Robert, plutôt du genre à porter la coquille, voyez…

Enfin bref…

Avant, la batavia, elle était craquante et tendre, délicatement gaufrée, avec un goût légèrement sucré et elle était parfaite pour la glisse ! Avec Monique, avant qu’on ait les enfants, c’était notre petit plaisir, on allait faire de la luge sur les batavias. Et les laitues romaines ! Bien fermes, une longue tête… Monique se hissait sur une feuille et moi sur une autre et hop on faisait de la balançoire à deux….Ce qu’on a pu rire !

Mais voilà…ils ont mis des pesticides les deux pattes, clairement c’est un truc qui nous est destiné, je ne me fais pas d’illusion. M’enfin tout de même, y avait pas assez de salades pour tout le monde ?

Enfin, ils ont mis leur saloperie et depuis c’est l’enfer. D’abord c’est amer ce truc et puis ça glisse plus. On a beau baver et baver encore, rien à faire ça colle ! Alors, on est obligé d’aller chez les bio, mais ça court pas les rues et puis y a la concurrence…. Les asticots ! Hou les sales bêtes (à prendre au premier degré d’ailleurs, je les trouve pas bien nettes ces bêtes-là et sournoises avec ça), ça se tortille, ça vous fait des sourires mielleux et ça bouffe ! Bon sang que c’est rapide ! ça vous bousille une feuille en un rien de temps, aucun sens du plaisir de la table…

Excusez-moi… Il me semble voir un deux pattes là-bas au rayons radis…Oh oh, ça flaire la récolte, va falloir que je me bouge le cul de la salade, passez-moi l’expression… Allez Robert, passe la seconde mon grand ! …. Raté !… On rentre !!!

Suis plus tranquille à l’intérieur, je jette parfois une tentacule dehors pour voir où on en est, histoire de repérer le chemin pour le retour. Ah c’est sûr que l’aller dans leur carriole, ça va vite, mais alors le retour… Et c’est Monique qui va s’inquiéter…

C’est comme les mômes, pas les nôtres à Monique et à moi, les nôtres ils sont bien élevés, non je parle de ceux des bipèdes qui se croient tout permis. D’abord, ils nous transportent dans des endroits à découverts et ils attendent que l’on bouge. Évidemment qu’on bouge pas ! Pensez donc, ils nous hurlent dessus ces petits sauvages et ils nous collent leurs sales pattes pleines de chocolat dans les yeux…

Ça secoue cette carriole, on n’est pas arrivé encore ?

Ah, et leur lubie de peindre nos coquilles, mais pensez donc, on est tellement plus mignon en rose ! Je vais te leur peindre les fesses en rouge moi, ça leur fera une jolie petite dégaine de babouin !… Mal élevé….

Bon, nous y voilà. Alors là, observez ma technique de mollusque averti, je plonge (c’est une façon de parler, je vous entends ricaner), disons, je m’enfouis au cœur de la batavia et je fais le mort jusqu’à ce qu’ils aient rangé les salades en tas dans la grange et hop, ni vu ni connu, je me déplie et je rampe à la maison…

normalement sous deux trois semaines, je suis rentré…

Quoi qu’avec mon cœur rose sur le dos, c’est pas gagné question discrétion, un vrai radar pour les piafs….

C’est une petite bipède qui m’a fait ça…

M’en fout, pendant sa sieste j’y ai bavé sur le doudou à la mouflette…

sale gosse quand même…

bon ben j’ai de la route moi…

Petit escargot porte sur son dos, sa maisonnette, aussitôt qu’il pleut, il est tout heureux, il sort sa tête…

même pas il part le cœur rose avec la pluie…

elle a mis quoi comme peinture ?…

pis j’ai l’air d’une fille maintenant…

 

photoescargots.jpg

 

Spéciale dédicace à Ninon, Emma et Thelma et leur été gastéropodique…

 

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22 novembre 2010

Proposition de MOB

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Proposition : un homme d’affaire cravaté entre dans le luxueux ascenseur d’un building ultra-moderne. Au 24ème étage, la porte s’ouvre. Un ours entre. Imaginer le huis-clos qui s’ensuit.

 

Je me suis levé à 6h45 et après une douche rapide, j’ai plié mon pyjama que j’ai rangé sous mon oreiller et j’ai bu le café que ma femme avait fait coulé. J’ai mangé quelques biscottes, pris mes vitamines. Ma femme m’a aidé à enfiler la veste de mon costume parme puis a évité le baiser, que je m’apprêtais à lui faire. J’ai embrassé les enfants sur le front, j’ai attrapé mes clefs sur le buffet et je suis parti prendre la voiture au parking. Il restait de l’essence, le temps était un peu lourd, il était alors 7h30. Je suis arrivé vers 8h15, je préfère arriver tôt, ça me permet d’être efficace avant que le téléphone ne sonne. J’ai garé la voiture au parking et j’ai salué le gardien d’un geste de la main. Je suis monté dans l’ascenseur, j’ai appuyé sur le bouton du 12e étage et j’ai attendu. Mais l’ascenseur a dépassé le 12e, a continué de monter et c’est au 24e étage, au niveau de la terrasse, qu’il s’est arrêté, s’est ouvert et qu’un ours est entré.

C’était un ours très grand, du moins, il m’a semblé. Il s’est installé à l’arrière et a attendu que l’ascenseur se referme. J’ai rappuyé sur le bouton du 12e. Je regardais les chiffres défiler et ma carotide paraissait vouloir s’enfuir sous ma cravate, je l’ai dégagée d’un geste et je me suis alors aperçu que je pouvais observer l’ours dans le reflet des parois lustrées. Il ne bougeait pas, il s’était assis et avait posé ses pattes avant sur ses genoux.

C’est au 20e étage que l’ascenseur s’est bloqué et je n’ai pas appelé le dépanneur. L’ours a poussé une sorte de léger grognement, il m’a regardé et a posé sa patte droite sur mon épaule gauche, d’une de ses griffes il frottait mon oreille. Je me suis retourné pour lui faire face et le regarder tout entier. Son pelage était en effet blanc, immaculé. Il avait deux petits yeux noirs ronds cernés de noirs. Au bout de sa gueule allongée, une truffe noire et humide venait se poser sur deux fines lèvres noires. Une tête d’ours.

Je me suis alors assis sur ses genoux, ses genoux d’ours et j’ai mis ma tête sur sa poitrine, il a posé sa gueule sur ma tête et j’ai senti son souffle chaud sur mes cheveux. J’ai fermé les yeux.

Quand les secours sont arrivés, je dormais dans les bras de mon ours. Petit pas de côté dans petite vie étouffée…

 

jpgrenemagrittelavictoire.jpg

© La Victoire de Magritte

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15 novembre 2010

Proposition d’Al Zheimer

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Proposition : Moi je veux bien que tu m’écrives ma lettre de démission…

Monsieur le directeur,

Je viens par la présente vous annoncer mon départ imminent, car si le travail c’est la santé, ne rien faire reste encore le plus sûr moyen de la conserver.
Monsieur le directeur, il me reste peu de temps à vivre : 50 ans, 60 ans tout au plus, dont plus de la moitié à passer à vos côtés. Or vous en conviendrez, monsieur le directeur, cela n’est pas raisonnable !
Non, Monsieur, ça n’est pas votre alopécie naissante qui laisse apparaître un crâne cireux hérissé d’exfoliations épidermiques, ni votre main moite et molle que vous me tendez chaque matin, ni votre petite odeur de sueur aigrelette qui se marie si bien à votre gauloise matinale, ni même le regard flasque que vous posez sur mes seins, qui m’ont décidée.
Non, Monsieur, ce ne sont pas non plus vos blagues bigardiennes (Je vous parle ici du comique Bigard et non d’une quelconque race de gastéropodes à laquelle vous pourriez tout aussi bien appartenir, j’en conviens), ni cette manière si élégante d’asseoir votre autorité d’un revers de fesse.
Non, Monsieur, il ne s’agit en rien de tout cela et je vous épargne en vrac, votre mauvaise foi soignée, vos facétieuses sautes d’humeur, ainsi bien sûr que votre incompétence officielle qui fait le sel de nos conversations de machine à café.
Non, Monsieur, il s’agit juste ici d’un petit plaisir badin que je prends en vous regardant parcourir de vos yeux bêlants cette prose, car je vous filme monsieur, et vous qui vous êtes tant servi de facebook comme d’une arme de destruction massive, je crains que votre charisme d’huître ne fasse le buzz en un rien de temps…
Je vous prie, Monsieur, de bien vouloir agréer l’expression de ma grande considération,
Tendrement,
POULOPOT

NDLR: Désolée Al, je suis pas sure de t’avoir aidé…

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Lucian Freud, Naked Man.
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8 novembre 2010

proposition du blog à 1000 mains

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Cette semaine, j’ai été piocher ma proposition là:

http://a1000mains.hautetfort.com/

et je me suis donc inspirée de ce dessin là:

http://alotoftralala.over-blog.com/

 

dessinblog1ooomains1.jpg

et ça a donné ça…

 

Merde il neige ! En novembre ! C’est que ça doit faire un moment, c’est déjà tout blanc… Je me ferais bien un chocolat chaud…avec de la chantilly. Il en reste de la chantilly ?… Demain, faudrait que je fasse des courses, au moins pour racheter du beurre et des yaourts…

J’ai pas rappelé mon père ! Pfff, ce qu’il y a vraiment de plus chiant quand on perd sa mère c’est d’être obligé d’appeler son père !… Je suis odieuse, oui mais c’est bon, oui mais je suis odieuse, oui mais c’est bon,… stop ! …C’est con cette expression « perdre sa mère », genre on l’a égarée. Ah ben ça, où donc j’ai bien pu mettre ma mère, moi ?

La vache, ça tombe sec !… Non ? Le pauvre gars ! En panne à 2h du mat sous la neige, c’est pas de bol ça quand même ! Si j’étais une fille bien, je descendrais avec un thermos de café, je lui ferais mon sourire pepsodent.

Bonjour, ça va ? Je vous ai apporté du café.

Lui, dévasté par mon sourire : oh merci, mais réchauffez-vous dans la voiture, vous devez être frigorifiée !

Merci, vous voulez que j’appelle une dépanneuse ?

Je veux bien, mon téléphone, en prime, n’a plus de batterie.

Et ben, c’est pas votre jour de chance, on dirait!

Suis pas si sûr…

Et là, on fond sur la banquette arrière et la neige couvre d’un voile pudique nos ébats torrides… Merde, j’ai pas posté la lettre pour les impôts, faudrait que je le note… Han, il change un pneu, en fait…ça lui donne pas l’air fin ce bonnet…

Putain, saloperie de bestioles ! Mais c’est dingue ça, des moustiques en novembre ! Avec ces apparts surchauffés toute l’année, ils savent même plus en quelle saison on est, ces abrutis !

…Bon, je le fais ce chocolat ou pas ? Si le 7e réverbère est éteint je le fais. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept… mouai, ça dépend si je compte le petit… 2h30, faudrait plutôt que je me couche… C’est con une ville la nuit… ou alors je me fais une verveine, une vraie avec du miel… Hou ça, ça risque de me coller le blues, version madeleine de Proust, papa, maman, ma sœur, la maison de campagne, les grosses chaussettes en laine, le feu de cheminée et maman qui nous lit des nouvelles de Maupassant…

Et donc ? Suis condamnée à plus mettre de chaussettes en laine, à arrêter la verveine et Maupassant, c’est ça l’histoire ? Putain, c’est chiant la nostalgie…

Et ben voilà, garçon, tu l’as changé ton pneu avec tes petits doigts tout gelés ! Adieu poor lonesome cowboy… Bon et une vodka, ça me rappellerait rien ça ?…en même temps, j’en n’ai pas…

Dans la maison un grand cerf, regardait par la fenêtre, un lapin venir à lui et chanter ainsi…. Cerf, cerf ouvre moi… où le cafard me tuera…

 

 

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Poulopot

 

1 novembre 2010

Proposition de la marquise de Sade

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Un petit texte décadent pour soirée en couples.. Et avec le menu s’il vous plait.

L’avaresse, l’envieuse, l’orgure, la gourmice, la coleur, l’enluxe et la parence, voilà mes sept péchés capiteux. Je m’apparence en débordance avec prélasse dans draps de soie, je m’indolence avec messieurs aux mains fureteuses, je m’avaresse avaresseusement, me recomptant, me regardant les sous, me dormant sur magot, sur coussinet d’abondance, je cave l’oseille de bourgeocrates enffamés et j’enjouixste.

Toute petite marchote déjà, je m’évadorais, je rêvais d’une joliette plamonde, toute sucrée, un rien jubilatine, je m’étourbissais la calotte. Alors dans mon baldaquin, je m’enamourais l’abricote et c’était une jouixtase affolante, endiableuse. J’en mordouillais le peluchon, toute enflaquée et repute.

Depuis je m’enluxe, je me débache, je me débauche, je m’électrode, je m’emphallus, je m’échangisme…  avec des messieurs seulitaires ou convolés et des dames libertiques et pudibonnes. Nous nous pourléchons de soupers fins et de guêpières dentelées. Sur mon bristol de courtoisie, vous trouverez :

 

En abuse-bouches -

- une tendresse ambrée

- un touchi-toucha ondulant

- un tripote linguale et son coulis

 

En plats essensuels -

- L’empénétrade enfileuse épicée

- L’empénétrade ventouse sur forniqua

- La sadomisation de la marquise

 

- Salacité et frimage

 

En décadence -

- café et ses mignardises

 

Faites votre choix, je vous attends dans le vesticule…

 

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Balthus, nu au chat

 

J’attends vos propositions pour lundi prochain. Vous pouvez les mettre ci-dessous. Merci!

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