Égratures

10 mars 2012

Rose jambon

Publié par poulopot dans Textes d'hivers

Alors dans la série je vous mets un extrait de ce que je fais, voici  donc un extrait de Rose jambon.

 

C’est l’histoire de la petite Salsifis à qui il arrive une aventure affreuse car en se regardant dans sa glace elle voit, comble de malheur, que sa langue est devenue Rose jambon alors que cette enfant n’est que légume, apparemment.

Rose jambon est un texte qui se nourrit d’un maximum d’expressions françaises qui tournent autour de la nourriture. Ce texte est agrémenté, en prime, d’un lexique qui explique la signification et l’origine de toutes ces expressions. 

Et si tout se passe comme prévu c’est ce monsieur et qui va lui faire sa trombine à la petiote. ça va être chouette, isn’it? 

 

Rose jambon

 

Salsifis était une petite fille exquise.

Elle avait un petit nez en patate tout à fait charmant sur lequel trônait un pimpant poireau qu’elle tressait les jours de grandes cérémonies, de magnifiques oreilles en feuilles de choux et de longs cheveux carotte qui flottaient dans le vent.

Et hiver comme été, elle portait un teint de navet des plus parfait.

Maman lui disait souvent : « Mais, t’as poussé comme un champignon, mon chicon, t’es une vraie asperge maintenant ! »

Et Salsifis, toute fière, tournicotait ses grandes boucles.

Mais un jour, alors qu’elle tirait sa langue devant la glace, elle vit, comble de l’horreur, une langue…. rose jambon !

 

Elle se précipita dans le verger de Maman.

Maman, haute comme trois pommes, avait un teint de pêche, une bouche cerise, des yeux en amande vert amande et de jolies oreilles groseille.

Elle ne quittait jamais son chapeau-melon et son air un peu poire…

« Maman, s’écria Salsifis rouge comme une tomate, c’est la fin des haricots ! Regarde, j’ai une langue rose jambon ! » et elle tendit sa langue si fort, qu’elle la cogna dans son poireau.

« Qu’est-ce que c’est que ces salades, mon chicon ? Une langue rose jambon, quelle idée ! »

«  Montre-moi ta langue maman s’il te plaît ! » pleurnicha Salsifis, qui en avait gros sur la patate.

Et Maman tira la langue.

Une magnifique fraise rouge et charnue sortit de sa bouche cerise. Salsifis en avait les jambes en compote.

«  Ça, c’est pas de la langue à la noix ! » s’exclama t-elle .

Sur ces entrefaites, Papa, qui travaillait dans son bureau à l’invention du fil à couper le beurre, descendit voir d’où venait tout ce raffut.

Papa était une tête de lard un poil soupe au lait, mais qui pouvait à ses heures, être une vraie crème. Il avait des yeux de merlan frit, une bouche en cul-de-poule et de longs cheveux poivre et sel. Il portait aussi une petite brioche car il vivait comme un coq en pâte, bichonné par la prunelle de ses yeux, sa femme, belle à croquer, avec qui il avait eu, il y a cinq ans déjà, la petite Salsifis, née entre la poire et le fromage, il faut bien le dire !

 

27 janvier 2012

Ah Ben Ca !

Publié par poulopot dans Textes d'hivers

 

Alors voilà, suite à une réunion avec moi même des plus intéressantes, nous en sommes venues à prendre la décision suivante. Certes, la dénommé Poulo pète plus haut que son pot et  se figure pouvoir être un jour éditée, au demeurant, rien ne l’empêche de mettre des extraits de sa production. Voilà ce qui a été décidé en ce jour fringant de la fin janvier 2012.

Voici donc un extrait de Ah Ben Ca destiné aux enfants qui se tournent vers la lecture, genre 6/7 ans donc.

 

A

 

Agatha avait une marâtre acariâtre, la laide Anastasia qui n’aimait pas papa.

 

B

 

« Bouh pas belle ! » babillait la bambine en buvant son biberon.

 

C

 

« Les chiens ne créent pas des chats ! » chuchotait dans sa moustache la cruelle concubine !

 

D

 

Cependant le daron, un drôle de dodu dadais, n’entendait rien du dédain de la diablesse.

 

E

 

Elle s’énervait, il tempérait. Elle tempêtait, il s’éprenait !

 

F

 

Le fada lui fit, neuf froidures plus tard, de fait, un enfant, une fifille magnifique qui sifflait comme un fifre.

 

G

 

Agatha était gaga de la frangine rigolote qui gigotait des genoux et goûtait le gratin-gigot.

 

H

 

« Haaaa ! » hurlait la harpie hystérique « Je hais l’hypothèse qu’elles s’entichent !» et de hargne, elle chopa un herpès.

 

I

 

Irritée et humiliée par cette amitié inouïe, la vilaine tirlipota  sa matière grise afin de cueillir l’idée qui scierait en miette cette horrifiante sympathie !

 

J….

14 mars 2011

Proposition d’énigme

Publié par poulopot dans Textes d'hivers

Voici une proposition d’écriture que je donne à des CE2 lorsque j’anime des ateliers, proposition que je n’avais du coup jamais testée sur moi. Voilà qui est fait! Faîtes-nous deviner un objet sous forme d’énigme. En somme, un qui suis-je! J’en ai trois dans ma besace… Alors vous devinez?

Petite chose courbe et métallique à pois jaunes, à rayures bleues, à fleurs vertes….

Petite chose bien arrimée le matin à son rocher velu aux senteurs de lavande.

Petite chose presque perdue le soir, qui s’accroche au bout d’une mèche, rattrapée de justesse par une maman attentionnée.

Petite chose souvent perdue, malgré tout, mais qui ne tardera sans doute pas à retrouver une autre Boucle d’or sur qui rayonner.

 

 

 Tu es digne, on ne peut pas dire…

Au repos, tu attends le client, jambes raides et dos rond, tu t’espères confortable. 

Tu aimes soupeser, les ronds, les décharnés, les débordants, les agités, les négligés, les flanelles, les soyeux, les sans culottes…. En attendant, tu te sens un peu ridicule, un peu seule, tu préfères officier, te sentir utile. Et pour qui ricanerait devant la trivialité de ta tache, tu restes stoïque et assume, oui tu es une repose-cul et alors?

 

 

 Dormante, pivotante, basculante

Grande ouverte, cintrée, entrouverte, mal fermée

Murée

 

À meneaux, à guillotine, à coulisse

Embuée

 

Qui baille, s’entrebâille

Qui s’ouvre sur la mer…

 

Paraître à

Passer par

Regarder par

Sauter par

 

Se mettre à

S’échapper par

Se jeter par

S’enfuir par

 

S’accouder à

Se sauver par

S’évader par

Tomber par

 

Se pencher à… et y voir le printemps qui piaffe !

 

cecinestpasunepipe.jpg

 

Magritte

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7 mars 2011

proposition de base

Publié par poulopot dans Textes d'hivers

Il y avait, curieusement, une proposition, que tout adepte des ateliers d’écriture a déjà fait 100 fois, que je n’avais pourtant jusqu’ici jamais testée! Voilà, a y est! J’aime…

J’aime le cri de mon critérium sur le papier

J’aime l’odeur du feu de bois qui se glisse sous ma porte

J’aime compter les marches que je monte et les jours qui passent

J’aime regarder ma fille jouer au loin

J’aime fantasmer ma vie

J’aime me glisser dans un lit tiède

J’aime trouver le bon mot, le mot juste, celui qui manquait au milieu d’une phrase

J’aime prendre ma vie dans mes bras et lui faire un gros câlin

J’aime sentir que mon cerveau tire d’avoir trop servi

J’aime faire rire

J’aime le moment précis où je sais que les gens vont rire

J’aime aller mieux

J’aime prendre un bain trop chaud

J’aime le haricot de mouton de ma maman

J’aime rouler seule sur l’autoroute, la musique à fond et le soleil couchant

J’aime le moment où j’arrête le jet glacé de la douche sur mes jambes, le petit picotement et la sensation de légèreté que cela me procure

J’aime rentrer dans un endroit chaud quand j’ai eu très froid

J’aime l’odeur du muguet et du lilas

J’aime les éclats de rire de ma fille

J’aime voir la complicité de ma fille avec son père

J’aime voir la complicité de ma fille avec sa sœur

J’aime quand on ressemble à la famille Ricoré

J’aime le luxe, parfois, pour son calme et sa volupté

J’aime la précarité, parfois, parce qu’elle me remet dans mes bottes et dans l’urgence

J’aime le moelleux au chocolat quand il est tiède

J’aime trouver quand j’ai cherché

J’aime écouter Camille et chanter sur sa voix

J’aime toucher du doigt un moment de grâce 

 

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J’aime quand c’est grandiose ( Angkor, Cambodge)

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J’aime l’absurde (Laos, 16 hommes tirent un bus embourbé avec la bâche qui sert à protéger les bagages sur le toit)

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J’aime les voiles au vent (Thaïlande)

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28 février 2011

Proposition de Duologue

Publié par poulopot dans Textes d'hivers

Inspirée par mes envies d’écrire du théâtre voici un petit dialogue entre une mère et sa fille…un peu décalé!

 

ELLE : Maiman, tu pourrais boutonner l’aquarium à veaux !

MAIMAN : Hein ?

ELLE : La pladouille qui défilasse depuis ce mâtin, boutonne la, j’en ai ras la casquote !

MAIMAN : Tu te gigote ! C’est « magot dans popoche », l’emission en préférence de peupa !

ELLE : Peupa est décalanché.

MAIMAN : ça m’envole dans sa souvenance, ça me piquote l’iris ! Cesse de m’ensticoter ou je m’tremblote !

ELLE : Arrête tes mijorettes, je marchote pas dans ces plates bandes. En sucette, t’as jamais ennamouré peupa.

MAIMAN : J’ai jamais ennamouré peupa, moi ! Moi, l’enbonté personniflée, moi, qui me suis sanctrifiée pour vous, qui vous ai nourisse, qui vous ai bichouné, palpouillé. Moi, qui aurais jeté mon existence pour votre bonêtre !

ELLE : Oh ! Pauvre maiman, seulette contre la plamonde avec sa larvette de fillasse qui fait rien que l’ogresser !

Maiman : Crenasse ! T’espère ma décalanche pour t’engaver du magot ! Putrine, tu m’décoeur !

 ELLE : Et voilà ! Je suis l’ignomure, l’ensalope ! Je t’emmierde, maiman, je t’emmierde !

 

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La mire…

 

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21 février 2011

Proposition de Max

Publié par poulopot dans Textes d'hivers

Proposition : à la manière ou pas de Max Aub, propose nous un petit « crime exemplaire »

 

Je suis montée en gare de Dreux, c’était l’heure de la sortie des classes et nous étions de surcroît vendredi soir, le train était donc rempli d’adolescents bruyants qui éructaient quelques « Vas-y, nique ta mère, je vais te tartiner la gueule ! ». Pour éviter ces turpitudes, je me suis assise près d’un monsieur à la soixantaine bien avancée, qui semblait inoffensif comme un premier communiant. À peine installé, mon communiant s’est tourné vers moi, m’a souri avant de me dire « Ils sont bruyants, hein ! ».

Son haleine était un mélange d’ail revenu et de rat crevé. Poliment, j’ai acquiescé « oui la jeunesse d’aujourd’hui ne sait plus se tenir ». Je lui étais sympathique c’était une chose acquise  car il était entré maintenant dans une logorrhée infinie sur la jeunesse, l’irrespect, les valeurs perdues, les bonnes guerres qui forment la jeunesse, l’immigration… C’est à « allocation familiale » que j’ai vu que le tire bouchon de mon couteau suisse était planté dans sa carotide.

 

lalectricesoumise.jpg

 

La lectrice insoumise de Magritte

 

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14 février 2011

Proposition de Dane

Publié par poulopot dans Textes d'hivers

La proposition : le texte commencera par cet incipit:

“On lui avait pourtant bien dit de ne jamais ouvrir cette porte !”

 

On lui avait pourtant bien dit de ne jamais ouvrir cette porte sans s’être enquis au préalable de savoir qui pouvait se trouver de l’autre côté. Mais surprise en plein brushing, Charlotte n’avait pas hésité deux secondes et avait ouvert quand avait retenti la sonnette. Sur le pas de la porte, Mme Sanchez, concierge de l’immeuble, lui offrit son sourire le plus lifté, avant de dégouliner le long du chambranle, un couteau impeccablement planté dans le dos.

Le corps s’était ainsi retrouvé en travers de son entrée, le bassin consciencieusement placé au milieu de la barre de seuil, de sorte qu’il était impossible de refermer la porte négligemment sur ce corps mort, comme s’il n’avait jamais existé.

Elle resta là, plantée devant le cadavre de sa concierge, se rappelant que la veille au soir, elle n’avait pu s’empêcher de la fusiller du regard devant son énième réflexion raciste « Et ben y a vingt ans, je pouvais encore lire les noms de famille sans m’echquinter les yeux, mais aujourd’hui… » , le tout avec un accent portugais à couper au…

Non ! On ne penserait tout de même pas qu’elle put être l’auteur de ce crime monstrueux. Mais en attendant, elle était incapable de réagir, son cerveau étant réduit à une sorte de bouillie parkinsonienne.

C’est cet instant que choisit sa voisine pour sortir avec son chien, un rôti beige bien coiffé. Elle salua poliment et attendit dans un silence entrecoupé par les halètements du rôti, que l’ascenseur arrive. « Bonne journée ! »lança-t-elle alors que l’ascenseur se refermait sur ses relents de patchouli. Charlotte se précipitait pour tenter de lui expliquer qu’elle n’était pour rien dans ce crime odieux, lorsqu’elle entendit derrière elle, une voix un peu pâteuse qu’elle reconnut immédiatement. « Je crois que j’ai fait oun malaise vagal ». Mme Sanchez se tenait au mur et un peu blême tentait de se relever. « Ça va mieux maintenant, je souis désolée, j’étais vénou vous demander si vous vouliez que je fasse vos carreaux ? » Charlotte était persuadée que si elle battait des cils, le corps de Mme Sanchez allait de nouveau s’effondrer. Il fallait bien pour autant informer cette dame à propos de cette lame enfouie entre ses cotes. « Je sais pas en ce moment, je souis patraque, c’est peut-être la ménopause, non ? Je vais avoir 52 ans, cha pourrait, non ? » Elle s’était juchée sur un tabouret  et avait attaqué la fenêtre de droite en l’aspergeant de Purifie-tout. Le couteau tressautait à chacun de ses mouvements, comme s’il était enfoncé dans une gelée anglaise.

« Vous voulez une tasse de thé ? » demanda Charlotte, espérant pouvoir ainsi s’approcher d’elle pour mesurer l’étendue des dégâts. « Non merci, cha mexchite le thé, ma cousine boit du rooibos, vous connaissez ? Cha ressemble au thé, voyez, c’est comme oun racine, mais sans la théine ! Alors c’est pas beau comme cha ? » Elle observait son œuvre en se cambrant, les deux mains sur les hanches, un peu plus et elle pourrait toucher le manche en os.

« Mme Sanchez, vous allez rire, mais vous avez un couteau dans le dos ! » ou « Tiens, c’est curieux, il y a du sang sur votre blouse, mais dîtes-moi, ça ne serait pas un couteau que vous avez là ? » Non décidemment, elle ne voyait pas comment informer cette pauvre Mme Sanchez.

« Hé voilà, cha brille, non ?  Bon, avec ce brouillard à couper au couteau on voit pas grand-chose, mais vous verrez demain avec le choleil ! » Et elle trottina dans le couloir, son aileron de requin fraîchement implanté, godillant vers la sortie.

« Allez, à bientôt ! Bonne journée Mme Corday »

 

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La porte de l’enfer de Rodin

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7 février 2011

Proposition de Florence 2

Publié par poulopot dans Textes d'hivers

Alors la voilà ma consigne :

Pourquoi y a-t-il quelque chose et pas plutôt rien ?

Pas d’écriture philosophique. Pas de référence à Leibniz. Juste ce qui vient en écriture quand tu lis ça.

 

Devant mon ordinateur perplexe

Dans le métro, les yeux plongés dans le regard noir de ma voisine

Dans mon lit, en regardant la couverture d’un Journal de galère d’Imre Kertész

Sur mon canapé, une couverture en poil orange sur les genoux

Dans la cuisine, en épluchant des frites

En écoutant Agnès Jaoui chanter Canta

En cherchant mes rides devant la glace

Dans mon bain, en faisant des bulles

En remettant le bonnet sur les oreilles de ma fille

En faisant un puzzle de Mowgli sur le ventre de Baloo

En écoutant la maison vivre de loin

En retrouvant le rire d’une amie d’enfance

En débarrassant la table des restes de la chandeleur

J’ai passé cinq jours entiers avec cette phrase

Pourquoi y a-t-il quelque chose et pas plutôt rien ?

… Et rien !

 

Poulopot

 

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Carré blanc sur fond blanc 1918, Kasimir Malevitch

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31 janvier 2011

Proposition de Benas

Publié par poulopot dans Textes d'hivers

proposition: Evoquer un parcours (promenade, trajet pour aller faire ses courses, parcours de chez soi à son travail…) en choisissant de mettre l’accent sur un seul des 5 sens perçu lors de ce trajet.

 

Clés dans porte métallique – clés dans portail

Semelles de crêpe sur béton défoncé

Circulation – bus – agité sur pétrolette – klaxon énervé – eh tu fais quoi là ?- crissement de pneu – silence – oiseau égaré – talons sur béton qui s’approchent – On est quoi déjà ? Jeudi non ? – ouai – silence – poussette sur pavés – pattes de teckel qui trottinent

Je renifle

Coup de freins – klaxon – Ryan, tu donnes la main ! – rire – frottement de semelles de crêpe sur escalier – Samedi je retourne au Karaoké, je suis trop tox !

Ticket mangé par tourniquet – portes qui se rabattent – Mais non, elle n’y est pas allée ! –  Alors, elle veut bien ta rem ou pas ?

Sirène – portes qui claquent – roulis

Papier de mars qui crisse – soupir – ongles qui grattent un poignet – voix tamoul ?  Indi ?

Je renifle

Excusez-moi, vous parlez quelle langue ? – Bengali – merci – silence – voix  bengali – grignotage de mars – journal froissé

Sirène – portes qui claquent – roulis 

Do you speak english ? Euh… yes a little – did you go to India ?- yes – where ? – in Kerala in the south – how many time ? – five weeks – did you like it ? – yes ! Do you live in France ? – yes, since five years – So , do you speak french ? – rire – just a little – silence – voix bengali

Sirène – portes qui claquent – roulis 

Bye – bye – enveloppe qui se déchire – non la maîtresse, elle a dit qu’on pouvait ! – on verra ça à la maison – gloussement – la traviata – ouai – ouai – ouai – suis dans le métro – ouai – ben, t’as qu’à lui d’mander ! – ouai

Sirène – portes qui claquent

Semelles de crêpe sur quai – escalator qui frotte -  portes battantes qui cognent – Tu fais quoi ce week-end ?

Je renifle

Scooter qui double une voiture qui double un bus – klaxon – cloche pied – pleurs – maman, je peux avoir un pain au chocolat ? – Non on n’a pas le temps là ! – Pardon – pardon

Tiens, bonjour Mademoiselle ! – Madame ! – ah ouai ! Alors même divorcée, on reste madame ? – ben ouai c’est à vie – bonne journée ? – Oui et toi ? – Miaulement d’ascenseur fragile – kling – maman !

 

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Jérome Mesnager, mur de Paris

 

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24 janvier 2011

proposition de Marie 3

Publié par poulopot dans Textes d'hivers

proposition de la semaine : conter un vertige, tout en rondeur

 

 

Tu n’as rien vu venir.

Tu t’es focalisée sur ton ventre, tu l’as regardé pousser persuadée que rien ne pourrait vraiment grandir à l’intérieur. Tu as à peine osé vivre. Tu as compté les semaines. Les derniers temps tu as malgré tout acheté quelques habits, tu as imaginé ton enfant dedans, un enfant sans visage, calme et souriant.

Tu as mangé tout ce que l’on t’a conseillé de manger, tu as fait toutes tes préparations à l’accouchement, tu as cherché un prénom, tu as fait tout ce qu’il fallait faire.

Et la voilà.

C’est donc elle, cette incroyable inconnue. Tu la regardes, tu passes la nuit à la regarder, sidérée. Il va te falloir l’apprivoiser.

Là, maintenant, tu voudrais fuir, reprendre ta vie d’avant, tu t’es trompée, tu voulais un enfant mais tu ne savais pas, tu ne savais pas que ça serait si dévastateur. Tu ne te sens pas submergée d’amour, tu te sens submergée tout court.

Et c’est là que tu tombes, tu tombes dans un puits de silence. Tu tombes pendant douze heures, douze heures sans toucher ton enfant, douze heures de chute libre.

Alors seulement tu as de nouveau considéré cette incroyable inconnue et tu l’as trouvée parfaite, non pas belle, mais parfaitement adaptée à l’idée que tu te faisais d’elle. Tu as senti ton cœur pencher vers elle. Tu as pensé que peut-être des branches allaient pousser au bout de tes bras pour venir l’enlacer et qu’ainsi, peut-être, vous alliez pouvoir grandir ensemble. Et tu as eu raison.

 

stefthelma.jpg

 

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