Égratures

9 novembre 2012

Portrait d’un instant

Publié par poulopot dans Textes d'automne

 

Jeudi 8 novembre, métro hôtel de ville, 18h.

J’ai vu ton regard tout de suite, happé, figé. Dans ton petit manteau beige, muette et immobile au milieu d’un couloir de métro rongé par une foule pressée, tu avais le regard d’une enfant qui vient de découvrir que le père noël n’existe pas. Un peu de ton enfance vient de disparaître. Ta mère t’a pris la main pour t’emmener, t’arracher à ta contemplation. Tu as résisté quelques instants, aimantée. Et puis le couloir vous a avalées et tu as disparu.

Je sais que sans toi, je n’aurais pas vu cette vieille dame aux cheveux gris lissés dans un chignon, assise sur un carton, le bras tendu.

Portrait d'un instant dans Textes d'automne metro-de-michel-benard-300x225

Crédit: Michel Bénard

19 octobre 2012

Et si on disait?

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Me revoici, me revoilà!

Je poursuis mes projets, un pied au théâtre, un autre dans les albums jeunesse.

Voici donc, un des projets à moi que j’ai et que je partage avec Emilia Conesa, que vous pouvez retrouver là :

http://www.flickr.com/photos/43147335@N03

C’est doux, c’est tendre…

 

Extraits

 

Maman ! Maman !

Et si on disait que moi, j’étais le petit chaperon rouge et que toi tu étais le loup?

On irait ensemble voir mémé.

Elle et moi on mangerait des petits sablés,

de la glace à la mangue

des bonbons qui chatouillent la langue.

Et toi, tu mangerais les cailloux !

 

Maman ! Maman !

Et si on disait que moi, j’étais ta fille géante et que toi tu étais maman géante ?

Mais on serait des gentilles géantes !

On jouerait à saute-immeuble

on se gratterait le dos avec des palmiers,

on pousserait les nuages du bout du nez

et je me ferais un lit au milieu des moutons!

 

Maman ! Maman !

Et si on disait que moi, j’étais un petit lutin et que toi tu étais maman lutin ?

On deviendrait toute minuscule

On se glisserait dans les maisons

On changerait l’heure de la pendule

On ferait du rodéo dans les cheveux

On embêterait les amoureux !

 

et avec la douceur des pastels d’Émilia ça donne ça

Et si on disait?  dans Textes d'automne illustration-emilia-1-300x218

Maman ! Maman !

Et si on disait que j’étais un petit ogre et que toi tu étais maman ogresse ?

illustration-emilia-2-300x218 dans Textes d'automne

On mangerait un petit enfant bien tendre pour le quatre-heures,

avec des petits oignons au beurre !

 

 

 

 

20 décembre 2011

Que faire de nous?

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Très cher blog, 

Je te le dis franchement, nous avons un soucis, léger je te l’accorde, mais soucis tout de même. Quand tu es né je te trouvais très beau, très nouveau, tu étais fringant et surtout je savais exactement pourquoi je t’avais mis au monde: pour m’aider à écrire. Et là je te le donne en mille, mon poussin, ça a marché! J’écris beaucoup, presque tous les jours, un coup une oeuvre théâtrale majeure à en faire baver Beckett, un coup des textes pour minus que j’espère confier à des illustrateurs que j’aime .

Mais voilà, figure toi qu’il me prend des envies de grandeur ; j’espère, je songe, je rêve, j’imagine être éditée! Du coup, exit les textes tout chauds sortis de mon cerveau que je te confiais la bouche en coeur et le clavier fébrile.

Alors que faire de toi? Que faire de nous? Que t’écrire? Mon journal intime? Mes recettes de cuisine? Mes listes de courses? je ne sais plus… En attendant, je n’aime pas te voir tout nu, avec un vieux message d’automne qui sent la feuille fanée. Je réfléchis et je t’en reparle….

Bien à toi,

Poulo

Que faire de nous? dans Textes d'automne gal_2075-300x208

Miro

28 novembre 2011

Mona dans la lune

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Voilà, les projets sont mis en ligne sur tandem jeunesse, allez donc y faire un tour il y a plein de belles choses!

http://www.tandem-jeunesse.fr/

Et nous avec Anna, on a fait ça:

 

Mona dans la lune

 

Mona est née comme ça.

Avec trois pois.

Juste trois pois, là,

au bout de son nez.

 

Mona jongle avec ses rêves.

Mona frôle le vertige.

Mona se contorsionne.

 

Mona joue du cerceau

du chapeau

du diabolo

du lasso.

 

Tous les soirs, elle fait son numéro.

 

Jusqu’au jour, où prise par son élan…

De son trapèze

elle ne revint pas !

 

Elle avait atterri sur la lune,

qu’elle commença aussitôt à aménager.

 

Là, un tapis persan.

Ici, un lit kangourou.

À côté, une table gigogne

et une chaise à bascule.

 

Et elle attendit …

Que quelque chose arrive

Rebondisse

S’évanouisse

S’agite.

 

Mais rien ne se passa.

 

Mona vivait sur sa lune et le temps s’était arrêté.

 

En bas, les gens gigotaient.

Il y en avait de toutes les couleurs.

Des pressés qui voulaient bousculer le temps

des contents quoi qu’il arrive

des perdus dans les champs

des petits pas trottinants.

 

Mona sur sa lune étirait le temps.

 

Les pas contents pressés

les perdus trottinants

les petits pas bousculés,

un jour de pleine lune

levèrent le nez

et virent Mona accoudée.

 

Mona jouait avec le vent.

 

Les petits pas perdus

les pas pressés bousculés

les contents trottinants

tous les gens sur le monde

l’observaient.

 

 « Mais enfin, descendez de là ! »

cria un monsieur très bien.

 

 Mona  jonglait avec ses pois.

 

Sur terre,

on s’interrogea

se concerta

s’embrouilla.

 

Les pompiers et leur grande échelle firent une tentative.

Un pilote osa une envolée.

Il y eut même un trampoliniste qui lui frôla les pieds

mais rien n’y faisait.

 

Mona était bel et bien coincée sur sa lune.

 

Le monsieur très bien lança :

« Mais enfin si elle a pu y monter, elle doit bien pouvoir en descendre ! »

« Pensez donc, ces gens-là peuvent jamais faire comme tout le monde ! »

répondit une femme rugueuse comme une barbe de papa.

 

Mona, elle, regardait le ciel.

Il y avait à l’horizon

une étoile dorée

toute hérissée.

 

Alors Mona choisit un de ses pois

le dévida comme une grosse pelote,

puis elle lança un bout vers l’étoile

et accrocha l’autre sur la lune.

 

Et ainsi commença la traversée.

 

Debout et tranquille

Mona glissait sur son fil.

 

Les petits pas contents

les bousculés trottinants

les perdus dans le temps

les effarés pressés,

tous les gens d’en bas

restèrent suspendus

puis la perdirent de vue.

 

De lune en étoiles

et d’étoiles en nuages

Mona voyagea.

 

On dit même qu’un jour

elle rencontra un mouton

qui cherchait un petit prince.

 

Les bousculés perdus

les petits effarés

les trottinants pressés

tous les gens de la terre

l’oublièrent.

 

Mais resta-là

un trapèze de bois

qui les soirs de lune

chuchote dans le vent.

 

 

et en image ça donne ça:

monapage1.jpgmonapage2.jpgmonapage4.jpg

 

 

 

22 octobre 2011

Penser à

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Ranger un peu, les papiers surtout

Écouter le dernier disque de Camille en boucle

Retrouver le formulaire de la poste pour faire la réclamation du colis jamais arrivé

Caresser un rêve, un gros

Arroser les plantes, surtout la plante papillon qui agonise sous mes yeux

Manger un carreau de chocolat noir, l’écouter fondre

Faire cuire le chou, avec les lardons puis le congeler pour mon retour

Rire

Faire ma déclaration préalable à l’embauche

Faire le dos rond

Préparer un sac avec tout dedans

Regarder le plafond

Me laver les cheveux

Me passer la main dans les cheveux

Payer l’inscription de la compagnie au journal officiel

Penser à penser

Lancer une machine

Jeter des idées

Ne pas oublier les nez

Prendre le code de réservation des billets de train

Acheter des fruits secs

Feuilleter le cahier de vie de ma fille

Se mettre en veille

Écouter l’horloge du salon

Ronronner

Sentir que le soleil se couche

Se coucher

Terminer ma phrase

 

 

paulgrimault.jpg

 

Le roi et l’oiseau Paul Grimault

 

 

 

 

 

30 septembre 2011

Une belle collaboration

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Voilà donc une belle collaboration en perspective…

Cet été, je me suis inscrite sur Tandem jeunesse que voici  http://www.tandem-jeunesse.fr/

C’est un site de rencontre en fait! Une centaine d’illustrateurs a planché sur un thème, en l’occurrence les pois et début septembre toutes les illustrations ont été mises en ligne. Là, la meute sauvage d’auteurs en transe s’est jetée sur les illustrateurs apeurés afin de binômer, à savoir trouver chaussure à son pied, son pendant, celui avec qui nous ferions l’espace d’un projet, cerveau commun.

Et moi j’ai trouvé Anna!

http://ninamasina.blogspot.com/

Alors voici l’illustration qui m’a embarquée immédiatement et un petit début de quelque chose qui va avec.

 

pois2.jpg

 

Mona est née comme ça.

Avec trois pois.

Pas de poison ni de poisson, non, juste trois pois, là, bien droit au bout de son nez.

 

 

 

 

18 décembre 2010

Proposition de MOB 2

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Pour des raisons de vacances praguoises, le texte du lundi c’est samedi!

Proposition: Et si tu nous inventais le procès d’une des souris qui chapardent dans ta cuisine ?

 

Souris, levez vous !

Souris, vous faites l’objet d’une plainte déposée par la Comtesse de Poulopot veuve Henry IV. Souris, vous êtes poursuivie pour différents chefs d’accusation, à savoir, vols à l’étalage, tentatives d’intimidation, trafics en tout genre, délits de fuite, harcèlement moral, ainsi qu’abus de confiance car pardonnez- moi, mais j’attends toujours la petite souris qui doit passer sous mon oreiller pour me donner une pièce en échange de mes dents de lait !

Souris, la comtesse nous a parlé de son désappointement. Je cite ici une de ses dépositions récentes, alors qu’elle avait déjà perdu l’appétit et presque le bonheur de vivre : « L’autre jour, je l’ai entendue dans la plante de l’entrée, il était 3h du matin monsieur l’agent, je suis allée la voir, je lui ai ouvert la porte et lui ai parlé, je lui disais de sortir, je la suppliais, mais cette…. sans cœur m’a regardée avec ses petits yeux cruels, elle a retroussé ses babines, m’a montré ses dents et a répondu… couic couic ! »

Couic couic, messieurs les jurés, n’est-ce pas là le signe d’une provocation évidente !

Mais si vous le voulez bien, remontons en arrière, aux origines du crime. Souris n’est pas, non messieurs les jurés, une pauvre petite démunie, rejetée par ses parents et vivant dans la rue ! Elle est née métro rue de la Pompe où elle logeait avec ses 78 frères et sœurs et ses parents à l’angle de la 3ème rame, un très bon emplacement selon la préfecture. On ne peut pas dire qu’elle vivait dans un trou, passez-moi l’expression !

De plus et je tiens à le souligner, il est absolument évident que le lobby souris a frappé très fort ces dernières années. Rappelons déjà qu’il y eut de 1940 à 1958, la célèbre série de dessins animés Tom et Jerry, produite par la MGM (Mouse Goldwyn Mouse) racontant les déboires d’un pauvre chat face à une souris drôle et spirituelle où comme par hasard, c’est la souris bien sûr qui est la plus intelligente ! Mais surtout, et c’est là que je voulais en venir, il y eut Ratatouille (produit par Disney, le père de Mickey Mouse il me semble, quand je vous parlais de lobby !). Ah Ratatouille ! La souris est un nuisible ? Nenni crieront en chœurs nos concitoyens abusés, regardez Ratatouille, sa bonne bouille, son humour, sa tendresse, sa finesse !

Et là, messieurs les jurés, je vous demanderai d’observer Souris dans le box des accusés. Finesse ? Humour ? Bonne bouille ? Non, messieurs les jurés, juste « couic couic » et une queue « comme un vieux lacet qui traîne », je cite de mémoire l’une des dépositions de la plaignante.

Le temps de la provocation est révolu, le temps de l’intimidation est passé ! Libérons la comtesse, qu’elle puisse enfin rencontrer paisiblement son destin d’auteure à succès, sans être littéralement entraver  par cette bête sournoise et analphabète !

Messieurs les jurés, je requiers la peine maximale pour Souris, à savoir l’attraper par la queue et la montrer à ces messieurs, ce que ces messieurs diront, nul ne le sait, mais si d’aventure, vous croisiez un jour, au détour d’un beurre d’ail, un escargot tout chaud, ne cherchez plus…

ponti2.jpg

Dessin de Claude Ponti extrait du livre Pétronille et ses 120 petits

 

N’hésitez pas à me laisser des commentaires ci-dessous ainsi que de nouvelles propositions, ce blog existe surtout grâce à vous… Merci!

 

 

 

13 décembre 2010

Proposition d’M.A

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Et si tu nous présentais poulopot sous forme d’acrostiche?

 

 

Personne

Ostensiblement

Urbaine

Libre

Open

Particulièrement

Oblongue

Très…

 

Poule

Ô pot

Utilise

L’

Oeil de bœuf

Pour

Observer

Tout

 

Plaisir

Oblique d’

Une

Lucarne

Ouverte

Presque un

Oasis sur le

Tarmac

 

Peut être

Oiseau

Unijambiste

Licorne

Odalisque

Plante carnivore

Ou

Tétrodon

 

Pour la faire courte

On dit d’elle qu’

Une mouche l’a piquée et

L’insecte s’en est allé.

On l’a retrouvée 

Perdue dans ses pensées

Oubliant le monde et

Toquée, une araignée au plafond.

 

 

poulopot.jpg

 

Poulopot par hermine Furet

http://hermine.artblog.fr/687291/Savoir-prendre-de-bonnes-resolutions/

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6 décembre 2010

Proposition d’Elvirette

Publié par poulopot dans Textes d'automne

Petite proposition qui me trottine dans la tête depuis quelques temps :
“un texte qui réussisse à mettre en colère le lecteur…”

 

Préfecture de Créteil, jeudi 12 juillet 2007, bureau de Madame S.

 

Mme S : Vous venez pour le renouvellement de votre « carte de séjour étudiant », c’est ça ?

L’Etranger : oui, Madame.

Mme S : Votre carte expire le 08 septembre 2007. Vous savez que normalement on doit faire la demande deux mois avant la date d’expiration ?

L’Etranger : oui, je le sais, c’est pour ça que je suis là, Madame.

Mme S : Sauf que, à moins de prendre un calendrier hébraïque, il me semble que nous sommes à moins de deux mois, Monsieur…

L’Etranger : …Kouyaté

Mme S : Monsieur Kouyouté.

L’Etranger : Kouyaté, Madame.

Mme S : Kouyaté oui, si ça peut vous faire plaisir. Mais ça ne change rien au fait que quand on dit deux mois, voyez, c’est deux mois. Je sais qu’en Afrique le temps est extensible, mais vous êtes en France Monsieur Kouyouté et ici, deux mois, ça correspond à peu près à 60 jours. Vous me suivez toujours ?

L’Etranger : oui, Madame.

Mme S : Bien. Vous êtes malien, né à Bamako le 04 août 1980, vous êtes arrivé en France en 2004 pour faire des études de…

L’Etranger : … sociologie.

Mme S : On ne fait pas de sociologie au Mali ?

L’Etranger : Si bien sûr mais…

Mme S : … Mais l’herbe est plus verte en France, c’est bien connu. Bref. Bien, nous sommes en 2007. Trois ans pour ces études, c’est déjà pas mal, non ? Vous allez finir par rentrer chez vous à l’âge de la retraite, car vous avez bien l’intention de rentrer chez vous à la fin de vos études, rassurez-moi ?

L’Etranger : Oui, Madame, mais c’est que, pour l’instant, je suis en train de préparer ma thèse.

Mme S : Votre thèse ! Il faut une thèse pour travailler, chez vous ?

L’Etranger : Pas spécifiquement, mais il s’agit ici de la poursuite logique de mes études…

Mme S : Ah ! Si c’est logique, dans ce cas. Bien, il me semble que dans votre dossier, il manque le résultat au test de langue. Vous l’avez ?

L’Etranger : Je l’avais passé en arrivant. Le papier doit figurer dans mon dossier, vos collègues avaient conservé les résultats.

Mme S : Non, Monsieur Kouyouté, sinon, je l’aurais vu et je ne vous le demanderais pas ! Et sans ce papier, si tant est que vous l’ayez vraiment obtenu, je ne vois pas comment le renouvellement va être possible.

L’Etranger : Mais, je parle couramment français !

Mme S : Là n’est pas le problème, Monsieur Kouyouté !

L’Etranger : Mais, je prépare une thèse !

Mme S : Et qui me dit qu’elle n’est pas en wolof ?

L’Etranger : Je ne parle pas le wolof, Madame.

Mme S : Ecoutez, je me fous de savoir si vous parlez scandinave ou hébreu, moi je veux ce papier sinon, c’est retour au Mali, c’est clair ?

L’Etranger : oui, Madame.

Mme S :Vous justifiez des 430 euros de revenu mensuel obligatoires pour rester en France ?

L’Etranger : Oui, je travaille comme gardien dans un parking. J’ai les feuilles de paye, c’est un travail de nuit.

Mme S : Et vous voulez me faire croire que vous travaillez la nuit au parking et le jour à votre thèse ?

L’Etranger : oui, Madame.

Mme S : Une thèse sur quoi, d’ailleurs ?

L’Etranger :  Il s’agit du choix de la France de la réduction du temps de travail pour lutter contre le chômage.

Mme S : Je vois… Pas encore sur le marché du travail et déjà inquiet à l’idée de travailler trop ! Et vous comptez importer cette riche idée dans votre pays, Monsieur Kouyouté ?

L’Etranger : Je ne fais pas de politique, Madame…

Mme S : Votre dossier n’est pas des plus clairs, je ne suis pas décisionnaire, mais bon…

Sinon, vous savez qu’ils embauchent à la légion étrangère si vous tenez tant que ça à obtenir la nationalité française !

L’Etranger : Mais je n’y tiens pas, Madame, je n’y tiens pas…

 

portraitdhommeag.jpg

Portrait d’homme de A. Giacometti

 

29 novembre 2010

proposition de Marie

Publié par poulopot dans Textes d'automne

proposition : que pense l’escargot dans la salade en voyant l’humain quand celle-ci est arrachée à la terre ?

 

Autant vous le dire tout de suite, la batavia c’est plus ce que c’était. Tenez, j’en parlais encore hier avec Monique, Monique c’est ma femme, enfin façon de parler vu que chez nous hommes/femmes c’est un peu du pareil au même, voyez… Mais bon, ça c’est fait comme ça, rapport qu’elle est plus gracieuse des antennes et moi c’est Robert, plutôt du genre à porter la coquille, voyez…

Enfin bref…

Avant, la batavia, elle était craquante et tendre, délicatement gaufrée, avec un goût légèrement sucré et elle était parfaite pour la glisse ! Avec Monique, avant qu’on ait les enfants, c’était notre petit plaisir, on allait faire de la luge sur les batavias. Et les laitues romaines ! Bien fermes, une longue tête… Monique se hissait sur une feuille et moi sur une autre et hop on faisait de la balançoire à deux….Ce qu’on a pu rire !

Mais voilà…ils ont mis des pesticides les deux pattes, clairement c’est un truc qui nous est destiné, je ne me fais pas d’illusion. M’enfin tout de même, y avait pas assez de salades pour tout le monde ?

Enfin, ils ont mis leur saloperie et depuis c’est l’enfer. D’abord c’est amer ce truc et puis ça glisse plus. On a beau baver et baver encore, rien à faire ça colle ! Alors, on est obligé d’aller chez les bio, mais ça court pas les rues et puis y a la concurrence…. Les asticots ! Hou les sales bêtes (à prendre au premier degré d’ailleurs, je les trouve pas bien nettes ces bêtes-là et sournoises avec ça), ça se tortille, ça vous fait des sourires mielleux et ça bouffe ! Bon sang que c’est rapide ! ça vous bousille une feuille en un rien de temps, aucun sens du plaisir de la table…

Excusez-moi… Il me semble voir un deux pattes là-bas au rayons radis…Oh oh, ça flaire la récolte, va falloir que je me bouge le cul de la salade, passez-moi l’expression… Allez Robert, passe la seconde mon grand ! …. Raté !… On rentre !!!

Suis plus tranquille à l’intérieur, je jette parfois une tentacule dehors pour voir où on en est, histoire de repérer le chemin pour le retour. Ah c’est sûr que l’aller dans leur carriole, ça va vite, mais alors le retour… Et c’est Monique qui va s’inquiéter…

C’est comme les mômes, pas les nôtres à Monique et à moi, les nôtres ils sont bien élevés, non je parle de ceux des bipèdes qui se croient tout permis. D’abord, ils nous transportent dans des endroits à découverts et ils attendent que l’on bouge. Évidemment qu’on bouge pas ! Pensez donc, ils nous hurlent dessus ces petits sauvages et ils nous collent leurs sales pattes pleines de chocolat dans les yeux…

Ça secoue cette carriole, on n’est pas arrivé encore ?

Ah, et leur lubie de peindre nos coquilles, mais pensez donc, on est tellement plus mignon en rose ! Je vais te leur peindre les fesses en rouge moi, ça leur fera une jolie petite dégaine de babouin !… Mal élevé….

Bon, nous y voilà. Alors là, observez ma technique de mollusque averti, je plonge (c’est une façon de parler, je vous entends ricaner), disons, je m’enfouis au cœur de la batavia et je fais le mort jusqu’à ce qu’ils aient rangé les salades en tas dans la grange et hop, ni vu ni connu, je me déplie et je rampe à la maison…

normalement sous deux trois semaines, je suis rentré…

Quoi qu’avec mon cœur rose sur le dos, c’est pas gagné question discrétion, un vrai radar pour les piafs….

C’est une petite bipède qui m’a fait ça…

M’en fout, pendant sa sieste j’y ai bavé sur le doudou à la mouflette…

sale gosse quand même…

bon ben j’ai de la route moi…

Petit escargot porte sur son dos, sa maisonnette, aussitôt qu’il pleut, il est tout heureux, il sort sa tête…

même pas il part le cœur rose avec la pluie…

elle a mis quoi comme peinture ?…

pis j’ai l’air d’une fille maintenant…

 

photoescargots.jpg

 

Spéciale dédicace à Ninon, Emma et Thelma et leur été gastéropodique…

 

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