Égratures

20 septembre 2010

La contrainte de Poulopot

Publié par poulopot dans 01 - 1ère proposition

Pour ce premier texte, je m’auto contrains et vous propose une vieille production.
La proposition : Mettre un maximum de sons ch et sss dans le texte, sujet libre

TEXTE À ASTREINTES

Dans son château, la comtesse Cécile de S’ilsenfaut se sentait seule, triste et sensiblement asthénique. Sa sœur, Sheila de S’ilsenfaut, sortait souvent et savourait sans cesse son succès auprès des garçons. Shon Schweitzer, un garçon sans le sou mais au faciès sauvage et sucré, soupirait devant son sex-appeal depuis des lustres ; Elvis chantait de suaves slams sous ses persiennes ; Sacha, saoul comme un cachalot, ne se lassait jamais de lui susurrer avec accent, des : « che t’aime, che te feux ! »… Et Sheila s’entichait de tous.
Cécile ne cillait pas et agissait comme si tout ceci ne lui faisait ni chaud ni soif mais, en secret, elle souffrait. Aussi, un Samedi, alors qu’elle sirotait un pastis, elle sentit le ciel sur ses seins chuter. Un excessivement chaud chum lui chatouillait les sens, la scrutant intensément.
« Salut, source de descendance, je suis Sam !» siffla-t-il sensuellement en louchant sur sa bouche. Cécile se sentait moche comme une choucroute mais lança audacieusement : « Cécile, comtesse de S’ilsenfaut. Un pastis, Sam ? ». Sam s’assit et s’exclama : « Soit Cécile, un pastis, et tranchons le saucisson ! ». Il sortit son silex suisse et cisailla l’asticot ensaché dans sa besace en vachette châtain .
Sa silhouette était svelte et son sourire carnassier. Cécile sentait son cerveau s’emballer. « Surtout, rester stoïque » se serinait-elle « Sam sera sûrement sourd à mon charme simiesque »…
« Mais comment se fait-ce, Sam, que je ne vous visse jamais à cette terrasse ? » s’enquit la sylphide Cécile. « Je sillonne champs et océan du crachin jusqu’au soir et sciemment me cache de mon prochain, j’aspire à la solitude ».
« Moi zaussi ! » assura Cécile qui dans sa précipitation écorcha le français comme une vache espagnole.
Sam resta perplexe un instant, il savourait chaque syllabe et les sons dissonants faisaient saigner ses esgourdes sensibles. Cécile sut de suite que cette sottise risquait de lui être sinistre. Le ciel s’était assombri et les soyeux sourcils de Sam se calvitiaient. Le saucisson séchait dans sa soucoupe, le pastis stagnait sous ses glaçons lorsque brusquement Cécile, quasi décédée, eut un sursaut de sang-froid et tel Saint-Saëns enseveli sous ses partitions, elle concentra son esprit exténué et lança :
« Et Schnitzler, vous connaissez ? »

J’attends vos propositions pour lundi prochain. Vous pouvez les mettre ci-dessous. Merci!

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