Égratures

9 novembre 2012

Portrait d’un instant

Publié par poulopot dans Textes d'automne

 

Jeudi 8 novembre, métro hôtel de ville, 18h.

J’ai vu ton regard tout de suite, happé, figé. Dans ton petit manteau beige, muette et immobile au milieu d’un couloir de métro rongé par une foule pressée, tu avais le regard d’une enfant qui vient de découvrir que le père noël n’existe pas. Un peu de ton enfance vient de disparaître. Ta mère t’a pris la main pour t’emmener, t’arracher à ta contemplation. Tu as résisté quelques instants, aimantée. Et puis le couloir vous a avalées et tu as disparu.

Je sais que sans toi, je n’aurais pas vu cette vieille dame aux cheveux gris lissés dans un chignon, assise sur un carton, le bras tendu.

Portrait d'un instant dans Textes d'automne metro-de-michel-benard-300x225

Crédit: Michel Bénard

4 Réponses à “Portrait d’un instant”

  1. Hervé dit :

    C’est bô, c’est court mais c’est bô.
    Un instant de poèsie proche du haïku japonais qui s’accorde parfaitement avec la photo.
    Merci m’dame

  2. valoche dit :

    pfff c’est rude. C’est bô, mais c’est rude. A la fois ça s’impose quoi. Comme un bon marron dans la tête. c’est une évidence quoi. de ces évidences indispensables. je veux dire pas le marron dans la tête qui est indispensable hein c’est plutôt VOIR cette réalité en face qui est indispensable. Mais bien sûr par les yeux d’un enfant c’est comment dire… ça arrache quoi…Allez Poulo la biz et bravo

  3. sabine dit :

    j’aime….j’aime les instants qui dure longtemps :)
    merci.

  4. isabelle dit :

    oups, dur! comme ton mur de fond…ça grince terriblement ton lien vers le shampooing cheveux gris…

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